La face cachée des profs!

La vie d'une prof dans un collège difficile

16 juin 2009

Au cirque

Cet après midi nous avons emmené une soixantaine d'élèves, de tous âges et de tous poils, au cirque. Non, non, pas un cirque célèbre et connu, mais au spectacle monté par nos élèves à l'école du cirque Zavatta de Citéquiflambe, qui ont trimé dur pendant un an pour monter ce show qui promettait d'être bien sympathique!

Donc, tel un cortège bigarré, nous nous sommes ébranlés pour parcourir les 500 mètres séparant le collège de l'école du cirque. Imaginez, il y avait parmi nous des clowns, toujours prêts à nous faire rire, dans leurs joggings rouge vifs, leur casquette posée en équilibre sur le sommet de la tête. Des clowns femelle aussi, aussi gracieuses que des biches coulées dans du béton, et cliquetant de tout un tas de grelots variés. Des clowns qui se distribuaient des claques et des coups de pied, faisant vaciller d'innocents sixièmes à grands éclats de rire. D'autres clowns qui jouaient à se maquiller en marchant, effet garanti. Nous avons ri aux éclats.

Il y avait la fanfare, à grand coups de "vazy p'tain, avance, c*nnasse!!". "Hé Mouloud, t'es où b*rdel?". Un orchestre dont l'harmonie n'était pas loin d'évoquer un marteau piqueur un jour de congé à sept heures du matin sous vos fenêtres. Vous avez malheureusement oublié vos bouchons d'oreille, vous pensiez que ce n'était pas nécessaire pour un spectacle de cirque. Différents instruments jouaient dans des répertoires assez variés, entre la clarinette aiguë du sixième "Madaaaaaaaame il m'a tapéééééééé!", l'accordéon du quatrième en pleine mue "wEsh VaZy kjLUI pète la GueUle!" et la basse du trombone des troisièmes "Wo mais Samèrelateupu qu'elle est bonne cte meuf!".

Une symphonie, vous dis-je.

Nous avons bien sûr pu admirer des acrobates, toujours prêts à escalader des arbres ou des abribus, des magiciens, qui escamotaient des chewing-gums qui réapparaîssaient miraculeusement aussitôt que le prof avait le dos tourné, des équilibristes, marchant sur l'extrême bord du trottoir bondé au moment où le bus les frôlait. Certains artistes ont pris des risques insensés, hurlant au milieu de la chaussée, alors que d'autres jouaient les augustes en traînant la patte, ouh là, c'est loin, on arrive quand?

Nous avons eu des jeux de lumière fascinants, le crépitement des portables dans l'ombre de la salle de spectacle nous a semblé être le plus suave des feux d'artifices. Là encore, nous installant dans la salle sombre, nous avons vu d'autres magiciens que nous placions à des endroits désignés, à côté des nous, et qui d'un claquement de doigts disparaissaient pour se retrouver à côté des copains interdits, ni vu ni connu...

Vers la fin de la représentation, nous avons assisté à un numéro des as de l'évasion, ceux qui étaient privés de spectacle pour des causes forcément injustes et qui sont apparus avec fracas, on ne sait comment, dans les gradins.

La représentation? C'était chouette, merci.

Mais je crois que j'ai assisté aujourd'hui à l'un des numéros de cirque les plus réussis de ma vie. 

Posté par sifi à 20:55 - Permalien [#]