La face cachée des profs!

La vie d'une prof dans un collège difficile

10 février 2011

Tout est dans la mèche

Oui, oui, je sais, j'ai déjà parlé de mode capillaire adolescente. Mais ma pauv'dame, la mode, c'est fait pour évoluer. Ne soyons pas si ringards!

Les crêtes existent toujours, c'est sûr, mais elles ne sont désormais arborées que par quelques ringards, quelques retardataires qui ne sont pas au fait de la mode, ou par des rebelles qui eux, vivent dangereusement en ignorant hardiment les aléas capillaires exigés pour une bonne intégration dans la société adolescente. De même, les partisans de la touffe sont tout  aussi indéboulonnables.

Mais non, maintenant, pour être dans le coup, pour plaire aux demoiselles, il faut IMPERATIVEMENT imiter le modèle de classe, d'aisance, de talent, celui qui fait frémir d'envie les chauves, pâlir d'exaspération les bouclés, pleurer de désespoir les tondus, j'ai nommé le seul, l'unique, l'égérie des coiffeurs, Justiiiiiiiiiiiiiiiiiiin Biebeeeeeeeeeer!

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Oui, je sais, un tel concentré de talent, de style, d'élégance laisse pantois. Atteindre son physique idéal et son incommensurable don est pure folie. Pourtant, le jeune étalon en mal de pouliche est prêt à tous les risques pour faire remonter sa cote, atteindre à son tour le nirvana capillaire.

Ainsi, nous voyons désormais passer dans le couloirs des têtes ornées de sublimes mèches couvrant l'ensembe d'un oeil, jusqu'au nez et parfois en dessous, travaillées au lisseur, gominées, quelquefois, pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir les cheveux raides, cartonnées au gel (quoique je soupçonne aussi la laque de mamie). Le matin, il faut se mouiller les cheveux, les sécher par-derrière, les lisser, les geler (?), les retourner à la brosse ronde....meeeeeerde le bus!

Aussi, dans les cours, avons-nous droit désormais à ce mouvement de la tête ô combien attirant, visant à dégager de temps à autre l'oeil masqué, avec une sensualité calculée... Quelques uns, encore plus clâssieux, soufflent négligemment par-dessous, afin d'entr'apercevoir la demoiselle de leurs rêves, ou (éventuellement) l'exercice demandé par le professeur un rien excédé de n'avoir que des demi-élèves. Combien de fois ai-je eu envie de leur proposer la barrette Hello Kitty qui traine régulièrement dans ma poche, rien que pour, l'espace d'un instant, ne pas avoir l'impression de tourner une publicité pour pétrole-âne...

Posté par sifi à 15:56 - Permalien [#]